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Résumé du site de l’ACDA-AQDA en chinois

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La chronique de Richard Martineau
Devoir de réserve
Richard Martineau
Le Journal de Montréal
23/07/2009 06h12  

http://fr.canoe.ca:80/infos/chroniques/richardmartineau/archives/2009/07/20090723-061201.html

 
La contrebande de cigarettes prive les gouvernements de millions de dollars en taxes, les trafiquants font des affaires en or dans les réserves amérindiennes, les fumeurs n'ont aucune honte à acheter des cigarettes illégales, les épiceries et les dépanneurs qui respectent la loi voient leurs chiffres d'affaires partir en fumée, et que fait l'État?

Rien.

Pourquoi? «Parce que c'est un dossier qui va au-delà du droit criminel», a dit un capitaine de la SQ à un journaliste du Soleil. Ça devient politique.

Un Québécois tricoté serré qui vend des cigarettes illégales commet un crime.

Un autochtone qui vend des cigarettes illégales pose un geste politique.

Et on nous dira ensuite que la justice est aveugle et que la loi est la même pour tout le monde...


UN ACTE SACRÉ

Pour les Première Nations, produire et vendre des cigarettes sans payer de droits à l'État ne contrevient absolument pas à la loi.

«Le tabac est sacré pour notre peuple», a expliqué Brandon White, le porte-parole du conseil de bande de la portion canadienne d'Akwesasne, au quotidien de Québec. Vous avez bien lu.

Lorsque des trafiquants autochtones vendent des cigarettes illégales dans des cabanes de fortune construites sur le bord des autoroutes, ils ne brisent pas la loi: ils prient. Ils perpétuent un rite religieux ancestral.

On devrait les laisser tranquilles et les «accommoder».

J'imagine Julius Grey en cour: «On devrait permettre aux autochtones de fumer dans les bars et les restos, car pour eux, fumer est un acte sacré, protégé par la Charte des droits et libertés...»

De toute façon, on permet bien aux jeunes sikhs de se balader avec une arme blanche à l'école, pourquoi on ne laisserait pas les Amérindiens fumer là où ils veulent?

BELLES TRADITIONS

Et le banditisme qui entoure le trafic de cigarettes (les armes à feu, l'intimidation, le chantage), j'imagine que ça fait aussi partie des traditions amérindiennes?

Une bande de criminels rit de nous en pleine face, et on ne lève pas le petit doigt, sous prétexte que c'est un dossier délicat qui a des ramifications politiques...

Les Hell's devraient essayer ça. Ils devraient modifier leur Charte et devenir une organisation religieuse.

«Effectivement, Votre Honneur, on a obligé un commerçant à nous payer une taxe hebdomadaire, mais vous devez savoir que pour nous, l'extorsion n'est pas un crime, c'est une tradition. Comme couler nos adversaires dans le ciment et les jeter dans le fleuve... Nos grands-pères faisaient ça, nos pères faisaient ça et nos fils continueront à le faire...»

UNE ATTITUDE RACISTE

Pensez-vous que la police laisserait des bandits prendre la population de Sherbrooke ou de Verdun en otage?

Non, elle agirait sans perdre une seconde.

Alors, pourquoi fermons-nous les yeux quand la même situation se déroule dans une réserve amérindienne?

Les autorités laissent une bande de criminels faire la pluie et le beau temps dans les réserves.

Vous ne trouvez pas ça raciste, vous?

C'est comme si je voyais un Haïtien ou un Arabe battre sa femme et ses enfants, et que je n'intervenais pas en me disant: «Bof, ça fait partie de leur culture...»

La loi ne dit-elle pas qu'il faut porter assistance aux personnes en danger? Alors pourquoi restons-nous les bras croisés quand les victimes sont amérindiennes?

Une victime amérindienne pèserait-elle moins lourd dans la balance?

La gravité d'un crime varierait-elle selon la religion et l'origine ethnique de la personne qui le commet?
 

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