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Vaste offensive pour sauver les dépanneurs du Québec
par Caroline Lepage L’Express, Drummondville. Article mis en ligne le 1 décembre 2008 à 21:10
La tournée pan-québécoise «NON à la contrebande, OUI à la commission» a fait un arrêt à Drummondville.
Vaste offensive pour sauver les dépanneurs du Québec
Un dépanneur par jour au Québec doit fermer à cause de la contrebande de tabac. Au Centre-du-Québec, ces commerces perdraient chacun environ 100 000 $ par année. Ce fléau serait devenu une crise sociale et économique hors de contrôle, si bien qu'une commission est réclamée sur le sujet en cette période électorale.
Voilà ce que l'Association canadienne et québécoise des dépanneurs en alimentation (ACDA-AQDA) a dénoncé alors qu'elle s'est récemment arrêtée au dépanneur Foucault de Saint-Charles-de-Drummond lors de sa tournée pan-québécoise «NON à la contrebande, OUI à la commission».
À la demande des organisateurs, les candidats adéquiste et péquiste dans Drummond, soit Sébastien Schneeberger et Yves François Blanchet, étaient tous deux présents pour donner leur appui.
Le propriétaire du dépanneur hôte, Mario Ouellette, a alors parlé de sa situation désormais intenable. «On se conforme. On carte les jeunes. On cache les cigarettes. Mais on ne peut plus faire plus», a-t-il fait savoir.
Il partage l'avis des nombreux intervenants qu'il est temps de trouver des solutions. «Une commission parlementaire est le point de départ essentiel pour décider d'un plan d'action sérieux et efficace avec l'ensemble des groupes concernés comme les forces policières, les écoles, les groupes de santé et les premières nations», a soutenu Michel Gadbois, vice-président principal de l'ACDA.
En guise de deuil et de solidarité envers les dépanneurs qui ont fermé ou qui sont en difficulté, les commerçants sont invités à porter un brassard noir durant la campagne électorale.
Le fléau en chiffres
D'après cet homme, si les ventes de cigarettes ont chuté radicalement, ce n'est pas seulement parce que les fumeurs ont écrasé. «Santé Canada évalue que 50 % des cigarettes ont disparu, mais on ne peut pas dire qu'il y a la moitié moins de fumeurs. Ce serait formidable!», a commenté M. Gadbois.
Ses chiffres révèlent que la contrebande de tabac est en hausse de 35 % par année. Les taxes élevées seraient attribuables à l'explosion du phénomène, sachant qu'une cartouche de contrebande se vend 10 $ alors que sur le marché légal, ce coût grimpe à 75 $.
Cette accessibilité aurait incité un grand nombre de jeunes à commencer à fumer. Selon une récente étude commandée par l'ACDA, plus du tiers des cigarettes fumées par les élèves des écoles secondaires du Québec proviennent de la contrebande de tabac.
Au dire de Bernard Gauthier, secrétaire général et responsable des communications à la Commission scolaire des Chênes, la consommation de cigarettes illégales n'aurait toutefois pas atteint les écoles de la CSDC, car leur politique antitabac interdit carrément aux élèves de fumer sur le terrain des maisons d'enseignement.
Faire beaucoup d'argent à peu de risques
Chose certaine, le crime organisé s'est emparé de ce marché lucratif et sollicite de plus en plus les jeunes pour la revente de cigarettes.
«Un revendeur mineur se fait entre 1000 $ et 1500 $ par semaine», a affirmé M. Gadbois. Ce montant ne surprend pas Guy Melançon, un des trois enquêteurs de la GRC au Centre-du-Québec.
«Ce n'est pas nécessairement plus payant que de vendre de la drogue, mais c'est moins risqué», a-t-il expliqué, faisant allusion aux peines clémentes imposées à ceux qui se font prendre.
D'après lui, 0,17 $ sont exigés pour chaque cigarette illégale saisie et les contrebandiers ne risquent pas d'être incarcérés, sauf en cas de multiples récidives. Dans Drummond, la GRC a confisqué environ 500 000 cigarettes en 2008.
«S'il y a une saisie importante à Drummondville, on le sait dès la semaine suivante : nos ventes de cigarettes augmentent», a signifié M. Ouellette.
La GRC invite donc les gens qui doutent être témoins d'activités de contrebande à composer le 819 472-1313.
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