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Contrebande de cigarettes: une réalité boudée par les libéraux Jean-François Breton
La Seigneurie, Boucherville - 29 novembre 2008
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La contrebande de tabac est de retour en force au Québec. Ce fléau, qui a été combattu au début des années 1990, refait surface depuis 2002 et serait aujourd'hui responsable de la fermeture d'un dépanneur par jour dans la province. L'Association canadienne et québécoise des dépanneurs en alimentation (ACDA-AQDA) était de passage à Boucherville mardi, dans le cadre d'une tournée provinciale au nom des dépanneurs du Québec, qui vise à obtenir l'appui des candidats des trois principaux partis politiques pour la création d'une commission parlementaire sur la contrebande de tabac.
L'arrêt de l'association au dépanneur La Ressource, à Boucherville, était le 15e d'une tournée de 33 villes du Québec. Le député sortant dans Marguerite-d'Youville, l'adéquiste Simon-Pierre Diamond, était présent pour appuyer la démarche, tout comme la candidate péquiste, Monique Richard. Le libéral Jean-Robert Grenier a quant à lui brillé par son absence.
Ce qui n'était pas une première lors de cette tournée, puisqu'au dire de Guy Leroux, porte-parole de l'ACDA-AQDA, lors des 14 arrêts précédents, un seul libéral s'est déplacé pour appuyer la création de la commission parlementaire réclamée; il s'agit de l'ancien ministre et député sortant de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis.
L'absence de M. Grenier a d'ailleurs été soulignée par les candidats adéquiste et péquiste de Marguerite-d'Youville. «L'absence du PLQ aujourd'hui est symptomatique de l'immobilisme total de ce parti», a affirmé M. Diamond. Monique Richard a quant à elle fait valoir l'importance de la création d'une telle commission, que le gouvernement a choisi de repousser, notamment avec le déclenchement d'élections. «La mise sur pied d'une commission parlementaire, c'est la démonstration d'une volonté politique à l'égard d'un problème de société», a-t-elle souligné.
Un problème qui, pour la candidate péquiste, a des répercussions d'abord sur la situation des jeunes, mais également sur les relations avec les Autochtones et sur l'état des finances publiques. L'adéquiste a également mis en valeur la problématique de la contrebande chez les jeunes. «J'en suis un, jeune! Je le sais et le vois à quel point c'est facile d'avoir accès à des produits de contrebande dans les écoles», a mentionné Simon-Pierre Diamond.
Un problème criant
Pour le vice-président principal de l'ACDA, Michel Gadbois, il est primordial qu'une commission parlementaire soit mise sur pied devant ce fléau, qui rend l'accès à des paquets de cigarettes pour la moitié du prix d'un paquet de «gomme balloune», de plus en plus facile. «Ce qu'on demande, en d'autres termes, c'est que le Québec se donne les moyens pour mettre en place un plan d'action efficace», mentionne-t-il.
M. Gadbois a d'ailleurs souligné mercredi matin, par voie de communiqué, l'intervention de Mario Dumont lors du débat télévisé de la veille au sujet de la contrebande. Il ajoute que l'argument utilisé par les libéraux, qui consiste à faire valoir l'augmentation des arrestations relativement à la contrebande, ne fait que témoigner de l'importance grandissante du problème. «Si la répression peut faire partie des solutions envisagées, ce n'est certainement pas la seule et c'est pourquoi nous demandons à M. Charest de se rallier derrière la création de cette commission», a expliqué Guy Leroux.
M. Gadbois constate que cette problématique est inévitable, compte tenu des politiques actuellement en vigueur. «Je ne pensais jamais assister au retour de la contrebande, que nous avons combattue dans les années 1990. Mais si vous doublez le prix du produit, sans en contrôler l'entrée, ça ne peut faire autrement que de refaire surface», explique-t-il.
Pour lui, le gouvernement aurait tout intérêt à baisser les taxes sur les produits du tabac. «Les dépanneurs se soumettent à toutes les réglementations gouvernementales, cartent les jeunes, contrôlent la distribution… Mais leur marché est rongé à plus de 50% par la contrebande.» L'an prochain, M. Gadbois estime que cette proportion atteindra les trois quarts du marché.
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