Québec s'attaque aux dépanneurs plutôt qu'au tabagisme

Communiqués de presse

Québec s'attaque aux dépanneurs plutôt qu'au tabagisme

Posted on Mercredi 11/11/15

Pointe-Claire, mercredi 11 novembre 2015 – L’Association québécoise des dépanneurs en alimentation (AQDA) a réagi très négativement aujourd’hui à l’inclusion hier soir dans le projet de loi 44 d’un nouveau règlement qui, sorti de nulle part, vise à mettre fin aux «ristournes, gratifications et autres avantages» reliés à la vente de produits du tabac et qui sont devenus, depuis des décennies – comme pour la bière et autres – une partie essentielle de la rémunération des détaillants. En plus de n’avoir jamais fait l’objet de consultations auprès de l’industrie ou de la moindre étude d’impact économique, cette mesure improvisée et irréfléchie du gouvernement Couillard menace directement la survie de centaines de dépanneurs à travers le Québec en s’attaquant à une de leurs sources principales de revenus.

« Le gouvernement n’a aucune donnée démontrant que cette mesure fera baisser le tabagisme. Ce qu’on sait en revanche, c’est que des centaines de dépanneurs sont menacés de fermeture et que le cas échéant, cela va engendrer d’importants problèmes sociaux, économiques et de santé publique : pertes d’emplois et de services, villages dévitalisés, revenus réduits du gouvernement et autant de rêves brisés pour ceux et celles qui les ont bâtis au fil des ans. Le signal transmis hier soir aux entrepreneurs et créateurs d’emploi est on ne peut plus désolant : si ça ne fait pas votre affaire, fermez », a déclaré Michel Gadbois, président de l’AQDA.

Une occasion manquée d’instaurer le cartage obligatoire

En plus de s’attaquer aux revenus des dépanneurs, le gouvernement a refusé la main tendue de l’industrie afin d’inclure le cartage obligatoire dans son projet de loi. Québec souhaite en effet que les dépanneurs continuent d’être à 100% responsables de toute erreur de vente aux mineurs dans un système de cartage à vue imparfait, car il lui importe davantage de pouvoir poursuivre les dépanneurs que d’empêcher tous les jeunes d’avoir accès au tabac.

« La meilleure façon de tuer l’esprit d’entreprise est de menacer les entrepreneurs de poursuites. C’est la voie radicale qu’a choisie le gouvernement avec une amende allant jusqu’à 250 000 $ dans une industrie où la vaste majorité des dépanneurs peinent à faire leurs frais parce qu’ils croulent sous le fardeau des taxes et de la règlementation », a conclu M. Gadbois.